Je retire une taf, reprends ma route et m'arrête à nouveau.
C'est comme ça pendant un temps puis un jour on se rend compte que la clope est finie et qu'il faut en rallumer une autre. Je marche tout en ignorant où je vais, j'ignore où je vais me retrouver, disons juste que je cherche des réponses.
Et là je cours, je cours loin, je m'évade, rejettant tout ce que j'ai de mal en moi, je fuis ma vie parce qu'elle ma fuit elle aussi. Sur ce sentier, j'ai pensé trouvé une clef et dans l'euphorie du moment je l'ai peut-être un peu trop titillée à tel point que désormais je l'ai égarée pour toujours.
Et je reprends ma route, m'éffondre à quelques endroits, arrive à me relever et de plus en plus abimée et souillée, je suis sans réfléchir le glas de l'inconnue qui m'apelle.
Et finalement ça peut avoir ses avantages de se retrouver seule mais pour un temps seulement, l'envie de vivre me resubmerge tout à coup et je me remet à courir.
Au loin, un point de chute, une abstraction imaginaire hédoniste que je me forge et sans même en prendre conscience, je la touche et la tiens du bout des doigts. Car l'imaginaire reste fictif et ce bonheur forgé par l'inconscient ne serait jamais clair et à proprement définit.
Je m'assoie, je cherche, je pleure et reprends ma route, essayant sans succés d'éviter les barrières et, remplie d'une soif indescriptible de curiositée et de nouveauté, je me remets à courir je ne sais où. Un jour j'y arrive enfin, essouflée mais satisfaite. Je l'ai enfin trouvé, du moins c'est ce que je pensais. Au fil du temps elle finit par devenir floue et part le dos tourné sans que je ne sache pourquoi. J'ai beau crier, pleurer, essayer de la suivre, je la perds à jamais.
J'ignore quelles sont les raisons qui l'ont poussé à partir mais dans tout les cas, elle n'est plus là.
Encore une barrière sans doute, et mon désir se transforme rapidement en doute.
A quoi bon essayer de rattraper quelque chose dont on sait au final qu'on en sera déçue ?
Je ne veux même plus me poser de questions.
Je veux vivre.
Je veux fuir.
Je veux courir, partir le plus loin possible.
Courir sans jamais me retourner sur moi-même, m'arrêter au bord du vide, m'assoir et comtempler l'infinie en me demandant combien de temps je mettrais à y parvenir.
Et sans même comprendre pourquoi je me remets à y repenser. Je me resurprends à me poser des questions sur ça, à envisager de réaliser pourquoi elle n'est plus là avec moi.
Je hurle je crie je proteste et un jour, je tombe.
Je chute je ne sais où, et tout ce que je sais c'est que c'est sombre et solitaire comme endroit, je lève les yeux et réalise qu'il me faudra des années pour réussir à remonter et repartir vers un autre sentier.
Au bord des larmes, je commence mon ascension, rechute par moment mais finis un beau jour par atteindre le sommet.
Arrivée à bon port, je m'assois sur son pic, et contemple le paysage en me demandant quelle route je devrais bien prendre cette fois-ci.
Et si je la refaisais mais en évitant certaines embûches ?
Je tourne la tête et réaperçois l'infinit. Des années que je ne l'avais pas vu.
Je tourne la tête, ferme les yeux, allume une clope et reprends ma marche, pourquoi ce chemin ci me direz vous, eh bien je vous répondrais que je l'ignore et que le seul but qui me travaille est d'explorer cette univers à la fois si effrayant et si exitant.
(...) Je marche, je m'arrête.
Je retire une taf, reprends ma route et m'arrête à nouveaux.
Et là je cours, je suffoque mais je ne me stop pas.
Le petit point blanc que je me suis crée dans l'espace qui se verse devant moi, je ne sais pas combien de temps il me faudra pour le rejoindre, mais en attendant il est là et peut-être que cette fois-ci je serais plus chanceuse ..



